Exploration : Autoportrait & Regards croisés

Phyli________________

It is the month of September, the ideal time when the summer temperature leaves room for the autumn's one, where the misty landscapes dot the river and the valleys. This morning I am leaving with Stéphane who is going to help me for my self-portrait series. My remote trigger that normally serves me to make my self-portraits is broken, so I need someone to work for me.

C'est le mois de septembre, le temps idéal où la température d'été laisse place à celle de l'automne, où les paysages brumeux parsèment le fleuve et les vallées. Ce matin là je pars avec Stéphane qui va m'assister pour ma série d'auto-portrait. Mon déclencheur à distance qui me sert normalement à faire mes autoportraits est brisé, du coup il me faut quelqu'un pour travailler pour moi.

Je ne change rien à ma routine : observation, cadrage, sentir le moment et rentrer dans ma bulle de création. Au moment de travailler les mouvements, je demande à Stéphane d'appuyer sur le déclencheur de manière régulière, comme je l'aurai normalement fait moi-même. "Appuie toute les 4 secondes, puis dis moi 'ok' quand tu déclenches".

La répétition régulière de la prise de vue me permet de rentrer dans une cadence de mouvements. Ce que je cherche, c'est toujours l'entre deux, le mouvement non fixé, la respiration suspendue. Je me dépose sur le rythme de l'appareil photo comme un métronome avec lequel mon coeur et mon souffle se coordonnent pour explorer. Je bouge en continu, les instants de suspensions où le corps cesse de se mouvoir, c'est l'énergie qui se déploie. Je n'ai jamais de plan, je laisse le moment me faire ses propositions, voir ce qui se présente. Mon travail n'est pas de faire, mais de dé-faire, il n'est pas d'imposer ma présence dans la nature, mais de rentrer en écho avec mon environnement.

I do not change my routine: observation, framing, feeling the moment and entering my creative bubble. As I start working on the movements, I ask Stephane to press the trigger on a regular basis, as I would normally have done myself. "Press every 4 seconds, then say 'ok' when you start."

The regular repetition of the shutter allows me to enter a cadence of movements. What I seek is always an in between, the movement not fixed, the breathing suspended. I set myself on the rhythm of the camera as a metronome with which my heart and my breath coordinate to explore. I move continuously, the moments of suspensions where the body ceases to move, is the energy that unfolds. I never have a plan, I let the moment makes proposals, see what happens. My job is not to do, but to un-do, it is not to impose my presence in nature, but to echo with my environment.

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Greatness, madness, strength, this environment moves me. The body becomes a point of reference that emphasizes its greatness, its vastitude that embraces and eats us. This environment, it hides all over my body.

La grandeur, la folie, la force, l'environnement m'émeut. Le corps devient un point de référence qui souligne sa grandiosité, sa vastitude qui nous enlace et nous mange. Cet environnement, il se cache partout dans mon corps. 

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Stef D. ______________________

... click ... click ... click ... click ...

The finger on the trigger, a shoot without bullets. This death is not one.

...clic...clic...clic...clic...

Le doigt sur la gachette, un shoot sans balles. Cette mort qui n'en est pas une.